
| Fiche technique: |
||
| Taille: | 1,6 mètre | |
| Habitat: | Une cabane dans la forêt | |
| Alimentation: | Après avoir dépecer la victime avec son âme , il mange la chair et les os. | |
| Lieu d’apparition: | Si dans la forêt, vous sentez une odeur nauséabonde, prenez garde ! Vous risquez de le croiser. | |
| Caractère: | C’est un yôkaï cruel et froid. Il ne tue pas la victime, mais il laisse son âme emprisonné dans son cuir pour que sa souffrance perdure. | |
L’Ogre Tanneur est un yôkaï terrifiant.
Il sait transférer l'âme de la victime vers sa peau .
Il ne meurt pas mais continue sa vie sous la forme de chaussures, de sac,
de veste, ou je ne sais quel genre de maroquinerie !
Le pire, c'est qu'il arrive à les manipuler par une sorte d'hypnose.
C'est ainsi que les victimes lui ramènent d'autres victimes, et fait tourner son affaire !Mais, à y bien réfléchir, l'origine de tous ces maux provient des vices de l'homme.
L'homme devrait peut être se remettre en cause, avant de critiquer les autres..
Les envies sont le moteur de nos actes, et c'est l'ambition qui nous porte
à la réussite, mais il faut aussi savoir se mettre des limites et ne pas
en vouloir trop non plus...
J'ai l'impression que tel est le message que ce yôkaï nous envoie.L'un de mes élèves m'a posé la question sur le sort du corps dépecé.
Eh bien, soit il est tout simplement consommé par l'Ogre, ou bien il peut le garder dans
un entrepôt qu'il a aménagé, et lui rendre sa peau et son âme, si l'envie
lui en prenait.Dans la littérature européenne, le méchant ogre , qui mange
les enfants, apparaît dans plusieurs contes, tel « le Petit Poucet » ou
« le chat bottée » de Charles Perrault.
L'ogre tanneur fait partie de cette même famille.

L'ogre du « petit poucet » dessiné par Gustave Doré
La fabrication de cuir, et des produits dérivés à partir de peau de bête,
remontent à la préhistoire.
Ce processus se fait en plusieurs étapes.
Une fois que la peau est retirée, elle est salée et conservée, afin d'éliminer
l'eau des tissus. Puis, le après un dessalage, vient le « travail de la
rivière ». la peau est rehumidifiée (le trempage),les poils et la chair
restante est retirée (l'écharnage), puis, pour que la peau devienne cuir
et qu'elle puisse se conserver, elle sera trempée dans les tanins (le tannage).Les
tanins sont initialement, des extraits végétaux, puis les sels de chrome
seront aussi utilisés ultérieurement.
Une fois séché, il faut l'assouplir (le corroyage), et, complété par quelques
finitions, le cuir est prêt !
La scène que vous voyez en début d'histoire, montre les ouvriers en plein « travaux de rivière ».
Lorsque l'on découvre le yôkaï, il est en train de retirer les poils restants
sur la peau de la victime, à l'aide de son couteau. Et on voit, sur la
page suivante, les nombreuses peaux suspendues dans le séchoir !
On compte plusieurs régions en France qui ont prospéré grâce à l'industrie
du cuir, et Château-Renault en fait partie.
Vue d'ensemble de l'usine. Le lieu est transformé en musée de nos jours.

Les ouvriers travaillant sur leur chevalet
(ils retirent la graisse sous cutanée et les poils restants)
une scène de « travail de rivière ».Combien sont-ils à tenir une peau !!

Et voici un dessinateur breton que j'apprécie particulièrement. :Mathurin Méheut.
Voici une scène ou les ouvriers trempent la peau dans les bacs à tanins.

